01
Qu’est-ce que le label R2S ?
Le label R2S (Ready2Services) est le label smart building français, celui du bâtiment connecté : il atteste qu’un bâtiment non résidentiel dispose d’une infrastructure numérique ouverte, sécurisée et prête pour les services. Il est né d’une charte d’engagement de la filière signée en décembre 2017 ; la Smart Buildings Alliance (SBA) en a publié le cadre de référence en 2018 et Certivéa délivre le label. La version 2 est en vigueur depuis juin 2022.
Il vise l’immobilier non résidentiel et d’activité (bureaux, commerces, hôtels, équipements), neuf, rénové ou en exploitation. Le bâtiment y est pensé comme une plateforme : un réseau commun sur lequel les équipements de tous les lots publient leurs données, que des services tiers peuvent exploiter.
≈ 100
Projets engagés dans la version 1 du label, pour plus de 1,7 million de m²
50 / 50
Répartition des projets V1 entre l’Île-de-France et les régions
79
Professionnels référents R2S selon Certivéa, au 13 mai 2025
Sources : SBA et Certivéa, lancement de la V2, juin 2022 ; Certivéa, page du label R2S-4GRIDS (nombre de référents)
02
Les six thèmes du référentiel R2S
Le référentiel R2S évalue six thèmes, conservés en version 2, et repose sur cinq principes : indépendance des trois couches (équipements, réseau, services), usage du standard IP, interopérabilité par des protocoles reconnus, API ouvertes, et sécurité informatique et juridique des données.
- Connectivité
- Raccordement du bâtiment aux réseaux filaires et sans fil, redondance du câblage, protection des locaux techniques. Nouveau en V2 : réseaux sans fil intérieurs (IoT, GSM, Wi-Fi, géolocalisation) et intégration des projets de rénovation et d’exploitation.
- Architecture réseau
- Performance du « réseau smart », le réseau IP du bâtiment, distinct de celui des locataires : supervision, détection d’anomalies, capacité d’extension. Le cadre de référence valorise l’IPv6. Nouveau en V2 : projets de campus et accès internet sur le réseau smart.
- Équipements et interfaces
- Interopérabilité des systèmes techniques (OT) et informatiques (IT) par des protocoles standards et des API ouvertes. Nouveau en V2 : périmètre du réseau smart clarifié et système d’exploitation du bâtiment (BOS) qui centralise les échanges.
- Sécurité numérique
- Contrôle des accès au réseau smart, chiffrement et cloisonnement des données, organisation de traitement des incidents. Nouveau en V2 : procédures de mise à jour des équipements et plan de reprise d’activité.
- Management responsable
- Gestion de projet, commissionnement, contractualisation, propriété des données, désignation d’un administrateur du réseau. Nouveau en V2 : impact environnemental du numérique et commissionnement smart.
- Services numériques
- Services aux exploitants, propriétaires et occupants, avec au minimum une plateforme de suivi énergétique. Nouveau en V2 : un panel de services valorisé (qualité de l’air, recharge des véhicules électriques, maintenance, mesure de l’occupation).
Source : SBA, cadre de référence R2S V2, et Certivéa, page du label R2S
03
Les niveaux du label : de Base à trois étoiles
Le label R2S compte quatre niveaux, Base, une, deux et trois étoiles : une fois tous les prérequis respectés, le pourcentage de points atteint détermine le niveau. La version 2 a gardé ce système de notation en recentrant les exigences sur le périmètre du propriétaire.
| Niveau | Part des projets V1 |
|---|---|
| Base | 10 % |
| 1 étoile | 36 % |
| 2 étoiles | 37 % |
| 3 étoiles | 17 % |
Source : SBA et Certivéa, bilan de la version 1
Les sites engagés en version 1 étaient à 65 % neufs, 25 % en rénovation et 10 % en exploitation, selon la présentation du cadre de référence V2 par la SBA en janvier 2022 : c’est ce déséquilibre que la V2 a voulu corriger.
Source : SBA, présentation du cadre de référence R2S V2, janvier 2022
04
La famille R2S : 4GRIDS, 4MOBILITY, Connect, Résidentiel
Autour du label R2S, la SBA a développé des déclinaisons : une seule, R2S-4GRIDS, est une extension délivrée par Certivéa ; les autres sont des extensions de service, un label porté par un autre certificateur ou des cadres de référence.
- R2S-4GRIDSLabel Certivéa
- Extension énergie, issue d’un cadre de référence SBA de 2020. Résultat « Maîtrise », « Flexibilité » ou les deux. Délivrée seulement à un bâtiment déjà labellisé R2S, pour environ 6 000 € HT en moyenne.
- R2S-4MOBILITYExtension de service SBA
- Extension consacrée aux infrastructures de recharge des véhicules électriques et hybrides, citée par Certivéa parmi les extensions de service de la SBA. Ce n’est pas un label délivré par Certivéa.
- R2S ConnectCadre de référence SBA
- Bonnes pratiques d’API ouvertes pour exposer les données des équipements du bâtiment, reprises dans le thème « Équipements et interfaces » de la V2.
- R2S RésidentielBureau Veritas Certification
- Label pour l’habitat : immeubles, groupes d’immeubles, lotissements, résidences seniors ou étudiantes. Référentiel V1.0 publié le 28 mai 2021.
- R2S 4 CareCadre méthodologique
- Déclinaison pour les établissements de santé, lancée le 30 novembre 2022 aux Hospices Civils de Lyon, sur les six mêmes thèmes. Ce n’est pas un label délivré.
Sources : Certivéa, page du label R2S-4GRIDS ; Certivéa, famille des labels numériques
05
Le processus de labellisation R2S
La labellisation R2S se fait avec Certivéa sur sa plateforme en ligne ISIA, et un vérificateur indépendant, mandaté et rémunéré par Certivéa, contrôle les exigences. Certivéa recommande de s’appuyer sur un référent R2S dès la conception ; ce n’est pas obligatoire.
- ConceptionRéférent R2S
- Choix du niveau visé et du périmètre du réseau smart, schéma réseau, charte de nommage des équipements, choix du BOS. Les exigences R2S s’écrivent dans le CCTP de chaque lot technique, pas seulement dans celui du lot courants faibles.
- ChantierLot smart
- Le MSI (maître d’œuvre en système d’intégration) coordonne les lots pour que CVC, éclairage, contrôle d’accès et ascenseurs se raccordent au réseau smart sans protocole fermé.
- LivraisonVérification
- Le vérificateur contrôle les exigences sur pièces et sur site, dont la sécurité numérique et le commissionnement smart.
- Exploitation1 ou 3 ans
- Un bâtiment existant se labellise sur une période d’un an ou de trois ans.
Les retours de la version 1, présentés par la SBA au lancement de la V2, disent où les dossiers bloquaient : la partie réseau prenait la majeure partie du temps de certification, la partie API était difficile à prouver, et la cybersécurité était jugée trop légère, d’où son renforcement en V2. Le label peut être communiqué pendant la démarche, puis sans limitation de durée une fois obtenu, en précisant son millésime.
Source : Certivéa, page du label R2S
06
Coût du label R2S
Le label R2S coûte en moyenne 14 000 € HT selon Certivéa, vérificateur inclus, et l’extension R2S-4GRIDS environ 6 000 € HT de plus. Ces montants varient selon le projet et la surface totale du bâtiment.
14 000 € HT
Coût moyen du label R2S, vérificateur inclus
≈ 6 000 € HT
Coût moyen de l’extension R2S-4GRIDS pour un bâtiment déjà labellisé R2S
Source : Certivéa, pages des labels R2S et R2S-4GRIDS, octobre 2026
La moyenne cache un écart large : sur les immeubles déjà labellisés en France, Wattsense observe des coûts de labellisation allant de moins de 10 000 € à près de 40 000 €, selon la taille du bâtiment, son emplacement et le niveau visé (Wattsense, mars 2024).
Le coût principal est ailleurs : ingénierie (référent, MSI) et lot smart (réseau, serveurs, BOS, capteurs). Ni Certivéa ni la SBA ne publient de surcoût de travaux par niveau. Pour le chiffrer, isoler le lot smart dans l’estimation dès l’APD, en distinguant ce qui existerait sans le label (GTB, câblage) de ce qu’il ajoute (mutualisation du réseau, BOS, sécurité, commissionnement).
07
R2S, Smart Readiness Indicator et directive EPBD
Le label R2S est volontaire, mais il prépare le bâtiment aux deux volets de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD, directive (UE) 2024/1275) qui reposent sur la donnée : l’automatisation et le contrôle des systèmes techniques, et le Smart Readiness Indicator (SRI).
- Smart Readiness IndicatorIndicateur européen
- Indicateur de la Commission européenne qui note la capacité d’un bâtiment à utiliser les technologies intelligentes selon trois fonctions : optimiser l’efficacité énergétique et la performance en usage, s’adapter aux besoins des occupants, s’adapter aux signaux du réseau électrique. Il évalue les services de neuf domaines techniques, dont le chauffage, la ventilation, l’éclairage, la recharge des véhicules électriques et le suivi et contrôle. Son cadre est fixé par le règlement délégué (UE) 2020/2155.
- Le SRI dans l’EPBD de 2024Optionnel, puis ciblé
- La directive (UE) 2024/1275 garde le SRI comme dispositif commun optionnel (article 15). Elle prévoit qu’au plus tard le 30 juin 2027, sous réserve d’un acte délégué préalable, la Commission fixe les modalités de son application aux bâtiments non résidentiels dont les installations de chauffage, de climatisation ou de ventilation dépassent 290 kW.
- Automatisation et contrôleBâtiments non résidentiels
- L’EPBD impose des exigences minimales d’automatisation et de contrôle des bâtiments non résidentiels : fin 2024 pour les systèmes de plus de 290 kW, 2029 pour ceux de plus de 70 kW.
Le lien avec le label passe par l’extension R2S-4GRIDS : Certivéa la présente comme un appui au Smart Readiness Indicator, et son résultat « Flexibilité » vise la même capacité que la troisième fonction du SRI, l’adaptation aux signaux du réseau. Le label R2S n’est pas pour autant une évaluation SRI, qui suit sa propre méthode : sur un actif concerné par le seuil de 290 kW, prévoir les deux démarches dès la conception évite de reprendre le comptage et les interfaces.
Source : Commission européenne, page Smart Readiness Indicator ; directive (UE) 2024/1275, EUR-Lex ; Certivéa, page du label R2S-4GRIDS
08
R2S, WiredScore ou SmartScore ?
Le label R2S certifie l’architecture numérique du bâtiment ; WiredScore évalue la connectivité vécue par l’occupant et se lit à l’international. SmartScore, lancé par la même société que WiredScore, évalue les fonctions du smart building en neuf catégories, dont la cybersécurité, la gestion des données et l’intégration des systèmes : c’est lui qui recoupe le plus le R2S.
| Critère | Label R2S | WiredScore | SmartScore |
|---|---|---|---|
| Porteur | Cadre de la SBA, label délivré par Certivéa | Société WiredScore | Société WiredScore |
| Objet | Infrastructure numérique ouverte et sécurisée, prête pour les services | Connectivité : internet, couverture mobile, infrastructures, résilience | Fonctions du bâtiment intelligent, en neuf catégories |
| Marché | Surtout la France | International | International |
| Niveaux | Base, une, deux et trois étoiles | Pre-certified, Certified, Silver, Gold, Platinum | Pre-certified, Certified, Silver, Gold, Platinum |
Sources : Certivéa, page du label R2S ; WiredScore, page SmartScore ; WiredScore, niveaux de certification
Les trois ne s’excluent pas : WiredScore regarde le service rendu à l’occupant, le R2S l’architecture qui le porte. Un immeuble de bureaux commercialisé auprès d’investisseurs internationaux gagne à afficher WiredScore ; un projet qui veut un réseau du bâtiment unique, ouvert aux services de tiers, vise le R2S. Les cumuler suppose de croiser les grilles dès la conception, pour ne pas produire deux fois les mêmes preuves. La fiche WiredScore détaille les coûts et la validité de chaque certification.
09
Avantages et limites du label R2S
Le label R2S apporte un bâtiment ouvert et évolutif, mais il ne dit rien de sa performance environnementale et demande des compétences encore rares.
Avantages
- Des systèmes interopérables : l’exploitant n’est plus captif d’un mainteneur ou d’un protocole propriétaire.
- Une donnée énergétique disponible pour le suivi des consommations et pour l’automatisation exigée par l’EPBD.
- Un réseau mutualisé qui accueille de nouveaux équipements et services sans reprendre l’infrastructure.
Limites
- Un bâtiment connecté mal sécurisé devient une porte d’entrée : la sécurité numérique se maintient en exploitation.
- Des compétences rares sur le marché : MSI, référent R2S, administrateur du réseau smart.
- Aucune exigence environnementale : il ne remplace ni le label BBCA pour le carbone, ni la certification WELL pour la santé des occupants.
Notre comparatif des certifications situe le R2S parmi les autres labels.
10
Viser deux ou trois étoiles
Plus de la moitié des projets de la version 1 du label R2S ont atteint deux ou trois étoiles (37 % et 17 %) : ce niveau est courant, à condition de le fixer au programme et de l’écrire dans chaque lot.
- Fixer le niveau au programme. Le périmètre du réseau smart et le BOS se décident avant l’APD ; ajoutés en cours d’études, ils obligent à reprendre les lots CVC, éclairage et contrôle d’accès.
- Raisonner sur le périmètre du propriétaire. La V2 recentre les exigences sur ce que contrôle le propriétaire : sur un immeuble locatif, les aménagements des preneurs ne portent pas la note.
- Valoriser plusieurs services. La V2 valorise un panel de services (qualité de l’air, recharge, maintenance, occupation) au-delà du seul suivi énergétique : c’est là que se gagnent les points des niveaux supérieurs.
- Préparer la preuve des API. C’était le point le plus difficile à démontrer en V1 : exiger des fournisseurs une documentation d’API conforme à R2S Connect dès la consultation.
- En rénovation, viser la V2. Elle a écarté des exigences à faible valeur pour l’existant, comme des locaux techniques dimensionnés pour le neuf.
Source : SBA et Certivéa, bilan V1 et apports de la V2, juin 2022
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Questions fréquentes sur le label R2S
- Qu’est-ce que le label R2S ?
- Le label R2S (Ready2Services) est le label smart building français : il certifie qu’un bâtiment non résidentiel est connecté, communicant, sécurisé et prêt pour les services numériques. Son cadre de référence a été conçu par la Smart Buildings Alliance (SBA) en 2018 et le label est délivré par Certivéa. La version 2 est en vigueur depuis juin 2022.
- Qui délivre le label R2S ?
- Certivéa délivre le label R2S pour les bâtiments non résidentiels (bureaux, commerces, hôtels, équipements). La déclinaison R2S Résidentiel, pour les logements, est certifiée par Bureau Veritas Certification.
- Combien coûte le label R2S ?
- Le label R2S coûte en moyenne 14 000 € HT selon Certivéa, montant variable selon le projet et la surface, qui inclut la rémunération du vérificateur indépendant. L’extension R2S-4GRIDS coûte environ 6 000 € HT de plus pour un bâtiment déjà labellisé. Sur les immeubles déjà labellisés en France, Wattsense observe des coûts de labellisation de moins de 10 000 € à près de 40 000 €. S’y ajoutent l’assistance d’un référent R2S et les travaux du lot smart, qu’aucune source publique ne chiffre.
- Quels sont les niveaux du label R2S ?
- Le label R2S compte quatre niveaux : Base (sans étoile), une, deux et trois étoiles. Le niveau dépend du pourcentage de points atteint, une fois les prérequis respectés. Sur les projets de la version 1, 37 % ont obtenu deux étoiles et 17 % trois étoiles, selon le bilan publié en 2022.
- Le label R2S est-il un label environnemental ?
- Non, le label R2S ne fixe aucun seuil de consommation d’énergie ni d’émissions de carbone. Il impose en revanche au minimum une plateforme de suivi énergétique, et son extension R2S-4GRIDS est consacrée à la maîtrise et à la flexibilité énergétiques.
- Quelle différence entre R2S et R2S-4GRIDS ?
- Le label R2S certifie l’infrastructure numérique du bâtiment ; R2S-4GRIDS est une extension, issue d’un cadre de référence SBA de 2020, qui atteste de la maîtrise et de la flexibilité énergétiques. Il ne peut pas être délivré seul : le bâtiment doit d’abord être labellisé R2S.
- Un bâtiment existant peut-il obtenir le label R2S ?
- Oui, le label R2S s’applique aux bâtiments neufs, rénovés ou en exploitation. En exploitation, la labellisation porte sur une période d’un an ou de trois ans. La version 2 a été écrite pour mieux servir la rénovation, l’exploitation et les campus : selon la Smart Buildings Alliance (janvier 2022), les sites engagés en version 1 étaient à 65 % neufs, 25 % en rénovation et 10 % en exploitation.
- Le label R2S prépare-t-il au Smart Readiness Indicator (SRI) européen ?
- En partie : Certivéa présente l’extension R2S-4GRIDS comme un appui au Smart Readiness Indicator, l’indicateur européen de maturité intelligente des bâtiments prévu par la directive EPBD. Un réseau ouvert et un BOS facilitent aussi l’automatisation et le contrôle que l’EPBD exige des bâtiments non résidentiels. Le label R2S n’est pas pour autant une évaluation SRI, qui suit sa propre méthode.
- R2S ou WiredScore ?
- WiredScore évalue la connectivité vécue par l’occupant (internet, couverture mobile, résilience) et se lit à l’international ; le label R2S certifie l’infrastructure numérique ouverte et sécurisée qui porte les services, et se lit surtout en France. SmartScore, de la même société que WiredScore, recoupe davantage le R2S sur la cybersécurité, les données et l’intégration des systèmes. Les deux démarches se cumulent si les preuves sont croisées dès la conception.
- Combien de temps le label R2S est-il valable ?
- Certivéa n’affiche pas de durée de validité pour le label R2S : il peut être communiqué sans limitation de durée une fois obtenu, à condition d’indiquer son millésime. Pour un bâtiment en exploitation, la labellisation couvre une période d’un an ou de trois ans.